L’eau calcaire et l’eau adoucie

Les adoucisseurs d’eau gagnent du terrain mais choisir d’en utiliser un doit provenir d’une conviction de sa réelle utilité et non seulement du désir de suivre une nouveauté. Ce procédé est en fait une solution à un problème incontestable : les méfaits du calcaire de l’eau dans les équipements d’un bâtiment. Adoucir son eau, c’est tout simplement diminuer la quantité de calcaire qu’elle contient. Les différences de densité ne sont pas discernables à la vue, ni peut être même au goût mais leurs effets sont bien nets.

Le calcaire, c’est quoi ?

Le calcaire ? C’est une matière minérale qui est un des composants du sol. Il se retrouve dans l’eau par différents moyens, notamment par le lessivage des sols par les eaux de ruissellement qui deviennent les sources d’eau superficielles ou simplement par transport de matières minérales du sol par les eaux d’infiltration qui deviennent les sources d’eau souterraines (la nappe phréatique).

Analyse de la ville de Paris sur le calcaire : cliquez-ici

Ce sont en réalité des molécules de carbonates de calcium (CaCO3) ou de carbonates de magnésium (MgCO3). Elles ont des propriétés chimiques qui font qu’elles s’agglutinent facilement surtout en présence d’une chaleur élevée.

Ces molécules sont les véritables soucis des appareils adoucisseurs d’eau.

Une matière minérale à la fois utile et nuisible

Le calcium et le magnésium de l’eau sont ceux-là même qui sont recommandés pour la santé (une forme parfaitement adaptée à la digestion et à l’assimilation par le corps). Entrant dans la composition minérale des os, une quantité de calcium de 900mg par jour pour un adulte est conseillé tandis que, bénéfique pour le système nerveux et les muscles, une quantité de magnésium de 300 à 350mg par jour est également souhaitable.

Il est ainsi totalement sain de boire de l’eau contenant du calcaire. Une eau qui en est dépourvue serait même incomplète. L’alimentation se concentrant surtout sur les apports protéiques, sucriers et vitaminiques, c’est l’eau qui se charge en grande partie d’apporter les compléments minéraux.

L’eau de robinet provient de sources d’eau naturelles préalablement « purifiées » : un mot à plusieurs définitions. C’est-à-dire que les matières minérales, tout comme les composants organiques et microorganismes sont traités ou éliminés convenablement avant que l’eau n’arrive dans nos maisons.

Donc, grâce aux processus de déminéralisation au niveau des centres de distribution d’eau, un taux de calcaire respectant les besoins quotidiens est minutieusement vérifié. Chacun peut se documenter à ce sujet auprès du site web de sa zone de captage.

Pourtant, de nos jours, les produits anticalcaires augmentent en nombre que ce soit pour les eaux de lavage ou les eaux de chauffage. Le calcaire s’accroche très facilement aux substrats qu’il rencontre. Et si ces effets sur la peau et les cheveux, au lieu de se voir, se manifestent sous d’autres aspects (irritations, eczémas, démangeaison, dessèchement…), dans les tuyauteries, sur les vaisselles ou encore les robinets, les fonds des baignoires et des lavabos et évidemment les parois de tous les appareils électroménagers utilisant de l’eau (chaudière, lave-linge et lave-vaisselle, chauffe-eau…), on peut clairement distinguer des couches indésirables de couleurs et de formes gênants. Le responsable en est le calcaire. Il diminue intensément les capacités des appareils électroménagers et augmente du même coup les dépenses en produits chimiques nettoyant, la quantité d’eau de rinçage nécessaire et la consommation d’énergie.

Avant les adoucisseurs d’eau, et aujourd’hui encore pour une grande partie des ménages qui n’utilisent pas ces appareils, les produits chimiques (anticalcaires, antitartres, produits adoucissants…) demeurent les seuls recours.

Traitement du calcaire dans le processus de potabilisation de l’eau

Mentionné brièvement plus haut ! Mise à part la désinfection (élimination des microorganismes des eaux) et la clarification (tamisage, filtration consistant à se débarrasser de la boue constituée de particules solides de grandes tailles, de sable et d’argile…), des méthodes de déminéralisation (traitement des ions de très petites tailles qui passent à travers les filtres) sont aussi utilisées afin de ramener les concentrations en ions de l’eau à des valeurs acceptables.

La déminéralisation par filtration consiste à utiliser dispositif à filtres multiples superposés. Les particules sont de plus en plus finement sélectionnées. L’osmose inverse quant à elle utilise les deux propriétés mécaniques et physiques de l’eau : de un, elle traverse une membrane fine semi-perméable pour équilibrer les concentrations en solutés des deux compartiments que cette membrane sépare ; et de deux, elle se déplace dans le sens où elle peut équilibrer les pressions hydrostatiques de ces deux compartiments. L’opposition de ces deux propriétés permet de lui retirer une grande quantité de solutés même si ces derniers sont trop petits pour être retenus par les filtres.

Un contrôle judicieux des titres de l’eau est alors effectué à la fin de ces traitements avant la distribution effective de l’eau « potable ». Le titre à vérifier pour le calcaire est appelé : « titre hydrométrique de l’eau » correspondant à la quantité de calcaire (en mg) dissout dans un litre d’eau. Ce dernier ne doit pas dépasser 250mg/litre d’eau, l’équivalent (en unité de mesure) de 25 degré français. C’est ce titre qui détermine la « dureté » de l’eau (une eau plus dure est plus chargée en calcaire).
Une procédure d’adoucissement de l’eau est donc une action « supplémentaire » à tous ces traitements. Chacun est d’ailleurs libre de choisir d’y adhérer ou non.

Un taux de calcaire contrôlé chez soi

Les concentrations minérales de l’eau distribuée dans les foyers s’intéressent surtout aux besoins nutritionnels. On ne peut augmenter la quantité de calcaire de son eau, mais on peut la diminuer. Cette concentration est donc maximale pour les usages d’un foyer, mais est-elle obligatoirement fixée ?

Avec les différentes exigences des différents usages de l’eau dans une maison, il devient nécessaire afin d’éviter d’avoir à adapter chaque usage au titre hydrométrique général (utilisation d’antitartres…) de trouver un moyen d’ajuster les titres hydrométriques des eaux utilisées en fonction de leur destination dans un même bâtiment.

L’eau à boire doit contenir assez de minéraux utiles à la santé, il en est de même pour l’eau d’arrosage. L’eau des chaudières, par contre, exige d’en contenir le moins possible pour éviter la charge du chauffage augmenté par le calcaire des parois. Les eaux de lavage, quant à eux, doivent être moyennement dures, c’est-à-dire assez douce pour que les produits détergents puissent agir, mais assez dures pour que les détergents à leurs tours ne soient pas trop difficiles à rincer (une eau trop douce est grâce, glissante et retient plus le savon). En général, il y a une limite à ne pas franchir pour le titre de l’eau utilisé par les appareils électroménagers, notamment la prévention de la corrosion. Il ne faut pas descendre au-dessous de 70mg/litre car le risque d’oxydation des matières qui constituent ces appareils est trop grand à ce niveau.

Dans tous les cas, la solution est l’adoucissement de l’eau de robinet (d’une dureté généralement élevée pour la plupart de ces exigences). Un appareil adoucisseur d’eau est installé à l’arrivée de l’eau et des circuits dérivés en ressortent pour alimenter les différents réseaux.

Les problèmes liés au traitement supplémentaire du calcaire

L’appareil utilisé pour diminuer la quantité de calcaire est une machine « adoucisseur d’eau » qui fonctionne en échangeant les ions inutiles contre des ions « utiles ». Un bac de résine chargé d’ions sodium est en effet installé près de l’arrivée d’eau. Lorsque l’eau se trouve en contact avec ces résines, les carbonates de calcium et de magnésium sont retenus tandis que le sodium est ajouté à l’eau. Lorsque les résines sont chargées de calcaire, elles sont rechargées en sodium à l’aide de sel de cuisine (composé de sodium et de chlore) dans une forme spéciale.

Le premier problème, telles que les choses se présentent, est évidemment tous les coûts liés à un traitement correct : le prix d’une telle machine, le prix des consommables, l’énergie nécessaire (la machine consommant de l’électricité), le coût des entretiens réguliers…

La difficulté de l’installation, l’étude des besoins en eau du bâtiment et donc l’étude la manière adéquate de disposer les appareils vis-à-vis de la plomberie en place, l’arrivée de l’eau et l’évacuation des déchets de décalcarisation … Tout un autre arsenal de questions à résoudre !

Ces difficultés se situent au niveau des bâtiments eux-mêmes, mais du point de vue écologique, d’autres problèmes se posent : surtout au sujet de l’évacuation et donc du traitement des minéraux rejetés : notamment le chlorure qui reste du sel de rechargement des résines ainsi que l’excès de calcaire lui-même. Ces minéraux empoisonnent les eaux des égouts et donc celles des rivières. Pour l’instant, les menaces que cet état de chose représente ne sont pas encore imminentes, mais dans un futur très proche, les impacts écologiques pourraient être graves.

De l’autre côté de la balance, on retrouve malgré tout des arguments imposants. Une eau ainsi traitée et correspondant correctement à tous les besoins de la maison (alimentation, lavage, chauffage sans contraintes), et qui plus est a été préalablement étudié par des spécialistes selon les convenances de chaque bâtiment non seulement élimine des difficultés embarrassantes, augmente énormément le confort et la sécurité mais permet aussi de réduire de lourdes dépenses.

Le calcaire est utile mais à des prix parfois un peu élevés. Chacun se doit d’étudier en détail les soucis que ses installations rencontrent dans son bâtiment et d’en définir les solutions adéquates. Les désavantages et les contraintes d’une eau adoucie peuvent laisser dubitatif mais le confort et le bien-être les valent.

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